OHCHR – January 2026
Imput – Human Rights Council Resolution 57/30

Lifelong Mental Health Impact of Being Deprived of a Complete Identity
Many individuals are deprived, from birth or early childhood, of access to information about their biological origins. This includes persons conceived through anonymous gamete or embryo donation, individuals abandoned at birth, and many adopted persons. Despite differing legal frameworks, these situations share a common consequence: the experience of living with an incomplete identity. This deprivation has a profound and lifelong impact on mental health, particularly during youth and the transition to adulthood.
Knowledge of one’s origins contributes to personal continuity, emotional stability, and the capacity to situate oneself within a family and a lineage. Conversely, the impossibility of accessing this information creates a persistent psychological void. Mental health professionals have long observed that such deprivation may generate anxiety, identity confusion, depressive symptoms, and difficulties in self-projection. These effects often intensify as individuals mature.
Importantly, the suffering associated with the deprivation of origins is not driven by a desire to establish parental ties, but by a fundamental need to understand one’s own story and personal history.
European human rights jurisprudence has explicitly acknowledged this psychological dimension. In Jäggi v. Switzerland, the European Court of Human Rights held that the interest an individual has in knowing their biological origins does not cease with age, on the contrary, and that such a situation presupposes moral and psychological suffering, even if it is not medically established.
In Odièvre v. France, the Court held that Article 8 of the European Convention on Human Rights guarantees the right to obtain information necessary to discover the truth concerning important aspects of one’s personal identity, such as the identity of one’s parents, and that birth, including the circumstances in which a person is born, forms part of private life.
The mental health impact is exacerbated when individuals know that information about their origins exists but is deliberately withheld by public authorities, generating feelings of injustice, exclusion, and discrimination.
Ensuring access to origins should therefore be understood as both a preventive mental health measure and a fundamental human rights issue.
European Court of Human Rights, Jäggi v. Switzerland, Application no. 58757/00, 13 July 2006, § 40.
European Court of Human Rights (Grand Chamber), Odièvre v. France, Application no. 42326/98, 13 February 2003, § 29.
OHCHR – Janvier 2026
Contribution dans le cadre de la résolution 57/30 du Conseil des Droits de l’Homme
Impact sur la santé mentale tout au long de la vie du fait d’être privé d’une identité complète
De nombreuses personnes sont privées, dès la naissance ou la petite enfance, de l’accès à des informations sur leurs origines biologiques. Cela inclut les personnes conçues par don anonyme de gamètes ou d’embryons, les personnes abandonnées à la naissance, et de nombreuses personnes adoptées. Malgré des cadres juridiques différents, ces situations partagent une conséquence commune : l’expérience de vivre avec une identité incomplète. Cette privation a un impact profond et durable sur la santé mentale, en particulier pendant la jeunesse et la transition vers l’âge adulte.
La connaissance de ses origines contribue à la continuité personnelle, à la stabilité émotionnelle, et à la capacité de se situer au sein d’une famille et d’une lignée. À l’inverse, l’impossibilité d’accéder à ces informations crée un vide psychologique persistant. Les professionnels de santé mentale observent depuis longtemps que cette privation peut générer de l’anxiété, une confusion identitaire, des symptômes dépressifs, et des difficultés de projection de soi. Ces effets s’intensifient souvent à mesure que les individus mûrissent.
Il est important de souligner que la souffrance associée à la privation des origines n’est pas motivée par le désir d’établir des liens parentaux, mais par un besoin fondamental de comprendre sa propre histoire et son histoire personnelle.
La jurisprudence européenne en matière de droits humains a explicitement reconnu cette dimension psychologique. Dans l’affaire Jäggi c. Suisse, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que l’intérêt qu’a un individu à connaître ses origines biologiques ne cesse pas avec l’âge, au contraire, et qu’une telle situation présuppose une souffrance morale et psychologique, même si elle n’est pas médicalement établie.
Dans l’affaire Odièvre c. France, la Cour a jugé que l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme garantit le droit d’obtenir les informations nécessaires pour découvrir la vérité concernant des aspects importants de son identité personnelle, tels que l’identité de ses parents, et que la naissance, y compris les circonstances dans lesquelles une personne est née, relève de la vie privée.
L’impact sur la santé mentale est aggravé lorsque les personnes savent que des informations sur leurs origines existent mais sont délibérément retenues par les autorités publiques, générant des sentiments d’injustice, d’exclusion et de discrimination.
Garantir l’accès aux origines doit donc être compris à la fois comme une mesure de prévention en santé mentale et comme une question fondamentale de droits humains.
Cour européenne des droits de l’homme, Jäggi c. Suisse, requête no 58757/00, 13 juillet 2006, § 40.
Cour européenne des droits de l’homme (Grande Chambre), Odièvre c. France, requête no 42326/98, 13 février 2003, § 29.
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